11 juillet 2005

chute libre suite et fin

Merci pour les réactions. C'est pas tous les jours que ça m'arrive. Juste une précision pour Dalmatico: mai 68 n'a pas plongé cette humanité dans le matérialisme, elle a été au contraire le dernier mouvement d'envergure qui a résisté à la volonté des dirigeants cinglés de la Terre de la transformer en ce qu'elle est aujourd'hui, un sinistre camp de concentration toujours plus concentré mais du moment que les gardiens répètent inlassablement à leurs prisonniers qu'ils sont libres et que la plupart de ceux-ci le croient, il devient très facile, comme depuis 68 d'exclure et de paralyser la minorité résistante... Pour moi mai 68 ne fut donc pas une pseudo-révolution mais la première vraie révolution car elle ne fit pas de morts, il n'y eut pour ainsi dire pas de violence, tout se déroula sur le plan des idées, en cela elle annonce les grandes révolutions de ce siècle qui elles vont réussir, libérer cette humanité tout simplement parce qu'à présent le retour au bon sens et à l'harmonie spirituels devient de plus en plus possible: ce recoin d'univers entre en effet dans un état de vibrations tout à fait différentes qui vont permettre pareille mutation positive, on peut dire dès lors que mai 68 ne fut qu'échec apparent, que préparation, que tentative précoce  mais très utile en des temps qui n'étaient pas encore favorables. A l'époque et comme toujours seule une minorité de pensants a vraiment vu le danger et a vraiment résisté mais la masse, vieux refrain, s'est contentée de regarder la télévision et de se soumettre veulement et paresseusement aux endoctrinements du pouvoir. Bien sûr il aurait toujours été possible de faire mieux mais en pratique il n'y eut rien d'autre et ce fut toujours mieux que rien.

Une dernière précision, impossible de prouver par a + b que l'ambiance générale de vie était tout autre à l'époque, qu'il y avait encore une véritable joie de vivre malgré la nouvelle angoisse depuis la fin de la seconde guerre mondiale liée à l'apparition du terrible fléau nucléaire permettant désormais le suicide terrestre, et tout simplement parce qu'il y avait encore l'espoir d'éviter le lourd orage qui menaçait. Seul élément indicatif, la musique d'alors, beaucoup moins sophistiquée mais aussi plus naïve et bien plus joyeuse que celle d'aujourd'hui: ceux et celles des grands rassemblements "faites l'amour et pas la guerre" de Woodstock et d'ailleurs pouvaient toujours croire que l'amour allait l'emporter sur la guerre, la décision n'était pas encore tombée, tandis que la musique et l'expression artistique en général d'aujourd'hui sont plombées par l'amer et incontournable constat, avoué ou non, de la défaite humaine, de sa soumission à un ordre robotique et anéantisseur, bien entendu habillé des parrences contraires.

Juste pour illustrer ce poème nostalgique dont on pensera ce que l'on voudra, je sais juste qu'il est sincère.

Nostalgie

Le nous deux à nous deux, tout sauf du falbala,

Du nous as-tu nous vu, de l’amour à la gomme !

Pas se rappeler plus, ça ferait mal par là…

On joua comme on put à la femme et à l’homme,

Sans trop beaucoup penser, entre baisers pleins feux,

Cœur pigeon voyageur sur grand écran tout rose

Où mai soixante-huit se réfléchissait bleu,

La solaire espérance illuminait les choses,

Il faisait beau à Katmandou et même ailleurs,

L’air sentait les parfums qui grisent, rendent libres,

Et les Che Gevara semaient autant de fleurs

Ranimant tout au fond les plus sensibles fibres!

La vie alors vivait encore, saupoudrait

De rires nos serments, c’était intime fête

Sous musique d’éther, nos échanges muets,

Le moindre moins que rien nous chavirait la tête.

Demain, c’est sûr, aurait couleur de paradis.

Tu étais là surtout et avec toi le monde

Qui allait, n’est-ce pas, retrouver ses esprits,

Il faisait bon d’avance en nettoyer l’immonde.

Coin noir de bar coca, coin or loin quelque part,

Dans tes yeux je voyais le ciel, la mer, la plage,

Je courais jusqu’au bout de tes très longs regards,

J’y perçais, volupté, des désirs trop peu sages…

Comment s’est-on quitté ? Tout comme on s’est trouvé !

Au gré du vent nous emportant feuilles d’automne,

L’un vers l’autre une fois puis en sens opposé,

Pire que  mort, l’ennui désormais, monotone…

Posté par Zailm Numinos à 07:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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